Novembre Sans Tabac, Cap ou pas Cap ?

Sarah Bentenah

Chaque année, le mois de novembre est dédié à la lutte contre le tabagisme. Au boulot, dans la presse ou encore dans les pharmacies, astuces et solutions nous sont apportées pour arrêter de fumer. 

« Comment », finalement, c’est un peu la question à laquelle tout le monde répond mais avec en moyenne 4 rechutes avant un arrêt définitif, il semblerait que la multitude de réponses n’apporte pas réellement LA solution propre à chacun.

Ainsi, la réelle question de fond serait « pourquoi »… Pourquoi nous fumons ? 

Voilà la vraie question à laquelle nous allons tenter de répondre…

Décortiquer le passé pour comprendre la première cigarette – Pourquoi ai-je commencé ?

Commencer à fumer, à n’importe quel âge, n’est pas en lien direct avec l’action de fumer. Ainsi, le mimétisme des pairs peut être une des raisons nous ayant fait allumer notre première cigarette, exposant un besoin d’appartenance en adoptant les habitudes du groupe « désiré » pour se faire accepter (telle la première clope de l’ado pour faire comme les copains ou pour paraître cool) ou en se calquant sur les habitudes du groupe existant pour partager/avoir des points communs telles la « clope sociale » en soirée ou le « café-clope » de la pause de 10h. 

A contrario, une opposition au modèle d’éducation peut aussi être raison. Enfant (voire même plus tard !), nous avons tous déjà portés à nos lèvres un stylo ou un bâtonnet de sucette, mimant les adultes et leur gestuelle de fumeur. Ainsi, braver l’interdit quand on en a l’occasion en essayant à notre tour est fort tentant et… nous fait passer de l’autre côté de la barrière.

Ou bien, la recherche d’un « doudou ». Oui, oui, fumer c’est s’ancrer dans un rituel, dans des gestes répétés, automatisés, rassurants. La cigarette détend et nous accorde un moment à nous, avec une notion de plaisir et de bien-être (ce qui est un paradoxe pur car physiologiquement, c’est un toxique stressant pour le corps !).

D’autres raisons sont, bien sûr, possibles mais la démarche est la même : fouiller dans ses souvenirs pour remonter à la première cigarette, aux conditions qui nous ont amenés à l’allumer et pourquoi nous avons continué à allumer les suivantes (en étant franc et honnête avec soi-même, sans se dire que l’on aimait bien cela car objectivement, les premières cigarettes sont vraiment… dégueulasses !).

Décider d’arrêter pour Soi – Pourquoi arrêterai-je ?

Une fois que l’on sait pourquoi nous avons commencé, il est intéressant de se demander pourquoi arrêterai-je de fumer.

Arrêter parce que ça revient cher ou parce que mon conjoint me le demande ne sont pas des raisons suffisantes à moyen et long terme. Elles peuvent être des « raisons supplémentaires » mais lorsqu’en phase de sevrage, le corps réagit au manque ou quand votre tête ne pense qu’à allumer une cigarette, ces raisons ne pèsent pas assez lourd face à votre mal.

La seule et unique raison valable est parce que J’AI DECIDE D’ARRETER DE FUMER. Se responsabiliser et faire un pacte avec soi nous impliquent davantage dans ce combat. 

Ainsi, il s’agit de lister les raisons pour lesquelles nous voulons stopper la cigarette : ma santé se dégrade et je prends les devants avant de me retrouver dans une impasse; ma condition physique m’alarme de plus en plus, je trouve anormal d’être aussi essoufflé en montant un escalier; mes cheveux, ma peau, mes dents jaunissent de plus en plus et je ne me reconnais plus… Santé, sport, esthétisme, décalage entre le Moi ado et le Moi adulte actuel… sont des raisons parmi d’autres amenant à l’envie d’arrêter de fumer.

Trouver sa solution – Pourquoi opterai-je pour telle méthode plutôt qu’une autre ?

Et maintenant il s’agit de trouver sa solution (même si plusieurs peuvent correspondre au profil de chacun et surtout en sachant que la moyenne est de 4 rechutes avant un arrêt définitif).

Tout d’abord, il est important de connaître son mode de fonctionnement : ai-je besoin d’être encadré et suivi par un professionnel pour être drivé dans la méthode choisie ou suis-je suffisamment informé, autonome et responsable pour mettre en place le protocole d’un sevrage tabagique ? L’entre-deux peut aussi être envisagé : commencer encadrer pour poser les bases puis se driver seul… 

Dans tous les cas, il faut bien choisir son moment : « période de calme » relatif où le stress n’est pas dominant. Gérer un nouveau boulot ou une période de blessure sportive ne sont, par exemple, pas des moments propices à l’arrêt du tabac car les deux sont générateurs de stress voire des amplificateurs. 

Enfin, dernier petit tips : pour toute méthode choisie à n’importe quel moment, ne pas se mettre en situation d’inconfort et de tentation reste essentiel : on essaye de trouver une autre « raison de pause » que le traditionnel « café-clope » pour discuter avec son collègue !

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