Pourquoi Mangeons-Nous ?

Sarah Bentenah

Manger est un besoin primaire, s’en passer de manière définitive est impossible, la seule modulation possible étant la restriction diététique. Pléthore d’informations nous est assailli sur comment ou quoi manger mais la question de fond, la question primaire en échos à ce besoin, n’est que peu posée. 

Essayons d’y répondre pour savoir ce qui nous fait réellement manger et comprendre ce à quoi sert réellement la nutrition pour techniquement l’utiliser de manière optimale.

Je mange parce que…

1. J’ai faim…

La sensation de faim est le signal physique indiquant que notre corps a besoin de carburant pour continuer à avancer. Y répondre est donc nécessaire pour ne pas ressentir de baisse d’énergie (coup de pompe) et tout autre désagrément (crampe d’estomac, somnolence, baisse de concentration, de motivation, de productivité…). Mais une autre question se pose : est-ce vraiment de la faim que nous ressentons ou l’interprétons-nous comme telle à défaut ? Par exemple, sachez que la déshydratation, même légère de l’ordre de 1%, bouscule le corps avec des signaux physiques qui n’ont rien à voir avec la soif mais qui vous plombent énergétiquement : sensation de faim, mal de crâne, baisse d’attention… 

L’astuce ? Dès que cette sensation apparaît, buvez un verre d’eau. Si elle disparait, c’est alors que votre corps vous réclamait du liquide mais si elle perdure, c’est réellement de la faim et vous pouvez donc vous alimenter.

2. J’ai peur de ne pas tenir…

Manger par prévention est très courant et nous sommes conditionné pour, en nous rabâchant depuis l’enfance que sauter des repas est mauvais et en nous exposant l’importance démesurée du petit déjeuner, qualifié de « repas du roi ». Et si cela ne tenait au fond pas la route ? Physiologiquement parlant, il ne devrait pas y avoir d’heures fixes de repas car la digestion dépend de ce que nous avons mangé au repas précédent (qualité, quantité, heure d’ingestion, combinaison alimentaire, prise de toxique tel que l’alcool…) et nous ne mangeons… jamais la même chose ! 

Ainsi, par exemple, si en vous levant le matin, vous n’avez pas faim alors… ne mangez pas ! L’organisme est encore en plein travail et lui redonner un repas « non réclamé » ne ferait que le surcharger. Par contre, dès que la faim se fait sentir, répondez-y en « snackant » légèrement pour ne pas impacter le repas suivant.

3. C’est l’heure de…

Pause déjeuner de 12h30 à 14h ou dîner chez des amis à 20h ou habitudes organisationnelles et familiales de vie afin de nous simplifier un quotidien surchargé font que nous agissons et nous nourrissons souvent en mode automatique que par réel besoin à l’instant T. « Il est 12h30, logiquement je dois avoir faim, voire je ne me pose même pas réellement la question parce que si je ne mange pas maintenant, je n’aurais pas le temps ensuite ou tout simplement, je suis engagé avec quelqu’un pour partager un repas ». Tous ces codes sont issus de notre environnement et n’ont rien à voir avec la physiologie pure du corps humain. Alors bien sûr, il ne s’agit pas de tout rejeter et de devenir un révolutionnaire de la diététique sociale mais se demander dans un premier temps « ai-je réellement faim ? », et si la réponse est non, d’adapter sa contrainte à ses besoins physiques pour ne pas « sacrifier » son corps au bénéfice du social (car oui, lorsque vous nourrissez en excès votre corps, celui-ci souffre !). 

Comment adaptons-nous notre contrainte ? En choisissant un plat plus léger et unique si pause déjeuner partagée avec quelqu’un, en ne déjeunant pas mais en allant marcher si pause déjeuner libre…

4. L’émotion me fait manger…

L’émotionnel se traduit énormément par la nutrition et la nourriture peut être une récompense comme une punition. Qui « ne s’est pas fait un bon burger après une sortie de course à pieds » ou qui n’a pas estimé « mérité un bon verre pour fêter un succès ? ». A contrario, qui n’a pas déjà bouloté des sucreries lorsqu’il s’ennuie ou lorsqu’il est triste ?

Ces attitudes ne sont pas à montrer honteusement du doigt mais en prendre conscience permet déjà de les identifier et de les maîtriser en partie. Car positif ou négatif, cela impacte forcément le corps mais tout impact n’est pas forcément dommageable : si 80% de notre hygiène de vie est bonne, 20% d’écarts sont largement tolérés.

Je devrais manger pour…

1. Avoir de l’énergie

Et oui, la raison fondamentale de la nutrition est de donner du carburant à notre corps afin que celui-ci soit en forme tout au long de la journée. Ainsi, adapter ce que l’on mange à notre environnement (climat, activité intellectuelle et activité physique, mode de déplacement, activité professionnelle…) mais aussi à nos capacités digestives est primordial. Nous n’avons pas les mêmes besoins chaque jour et être à l’écoute de soi nous permet de savoir quand notre nutrition est cohérente et quand elle ne l’est plus. On associe souvent « force et énergie » avec « repas complet et tenant au corps ». Dans certaines situations, lorsque nous avons besoin de tous nos moyens, intellectuels et/ou physiques, il vaut mieux opter pour un « mini » repas digeste et rapidement assimilable, composé de crudités et de fruits (ou version jus de légumes et fruits cuits si sensibilité intestinale) par exemple, qu’un combo entrée/plat/dessert. Car l’énergie que le corps n’utilise pas à digérer est entièrement disponible pour l’activité cérébrale ou physique, et cela évite le coup de barre « post repas copieux » qui provoque somnolence, lourdeur et manque de concentration.

2. Et c’est tout, il n’y a qu’une seule vraie raison, les autres ne sont que des besoins secondaires « créés »…

Il ne s’agit pas de proscrire toutes les autres raisons de s’alimenter (plaisir, récompense, moment social ou festif…) mais comprendre que ça n’est pas une raison première et réelle aux besoins physiologiques est important. Par contre, essayer de coordonner de manière optimale besoins primaire et secondaire est la clé !

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